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exhibition view

L like Molecule, solo show at La BF15, Lyon, FR, 03.12.20-23.01.21

curated by Perrine Lacroix

With the support of the Finnish Cultural Foundation and Frame Contemporary Art Finland
In partnership with Moly-Sabata, Albert Gleizes Foundation in March and April 2020

(Eng, version française dessous)

Océane Bruel’s sculptural approach is set out like a score of gestures, placements and slow transformations.

In her first solo exhibition in France, her existential concerns intertwine with sensitive materialities. With and between the living and non-living, the artist draws attention to the intensities of what is considered minor. She selects, manipulates, alters, moulds, combines and arranges meticulously.
Over the months of preparation, she was particularly attentive to her dreams and the sudden appearance of memories. "A fascination with these persistent images has taken hold, and I feel the pleasure and comfort in them. As the weeks went by, I got into a meditative drift of ambiguity, empathy and aloofness". 
She describes her practice and the material of her works as «affect storage», infused with intimacy and touch. For instance, she uses specific plants (and their fragrances) from the scrubland; her childhood territory. Rosemary, sage and verbena appear through their scents and in decoctions presented in everyday containers. As they evolve during the exhibition, they refer to both medicinal and daily practices, as well as to landscape and earth.
Elements - like clothes and fruit pits - taken from the artist’s environment are integrated into the studio life and production of works. They are combined with pieces she realized in the spring at Moly-Sabata. In the residency, the artist developed a series of works on mirrors. Drawings and notes, traced in the silvering, evoke the experience of digital interfaces. They emerge from a confusion between our subjectivity and the subtle incorporation of socio-technical power in ourselves.
Nevertheless, the universe into which L like Molecule brings us, resists identification and personal history. The focus is on sharing the ordinary and inviting us to give into the drift.

FR

L’approche sculpturale d’Océane Bruel se déploie telle une partition de gestes, de placements et de transformations qui éprouvent la temporalité ralentie d’un devenir incertain.

Pour cette première exposition personnelle en France, ses préoccupations d’ordre existentiel s’entrelacent avec la matière sensible. Avec et entre les corps animés ou inanimés, il s’agit pour l’artiste de prendre soin, de manifester une attention pour ce qui est de l’ordre du mineur et d’en explorer les intensités. Minutieusement, elle sélectionne, manipule, altère, moule, associe et agence.

Pendant ces mois de préparation, elle fut particulièrement attentive à son activité nocturne onirique et à l’apparition soudaine de souvenirs. “Une fascination pour ces images rémanentes s’est installée, tout comme la nécessité d’éprouver ce plaisir et ce réconfort spirituel et corporel. Au fil des semaines, je suis entrée dans une dérive méditative, et dans cette ambiguïté de l’être « entre », à la fois empathique et distant”.

Ce qu’elle appelle “stockage d’affects” s’infuse dans sa pratique comme dans les matières de ses oeuvres. Elle introduit notamment des plantes ( et leurs odeurs ) caractéristiques de la garrigue, terrain de son enfance. Romarin, sauge et verveine apparaissent par leurs senteurs et sous forme de macérations dans des récipients d’usages. Évoluant durant l’exposition, elles renvoient autant à des pratiques médicinales que quotidiennes, mais aussi au paysage et à la terre.

Des éléments prélevés de l’environnement de l’artiste et incorporés à la vie de l’atelier se combinent à des pièces produites au printemps à Moly-Sabata.

En résidence, l’artiste a développé une série de miroirs dans lesquels apparaissent, tracés dans le tain, dessins et notes évoquant l’expérience ambivalente des interfaces numériques. Ils dévoilent cette confusion entre nos subjectivations et l’incorporation subtile des dispositifs de pouvoirs socio-techniques.

L’univers dans lequel nous introduit L like Molecule résiste ainsi à l’identification, à l’histoire personnelle ou à l’anecdote, pour mettre en partage cette attention à l’ordinaire et nous faire céder, à notre tour, à la dérive.

Review by Elena Cardin in Revue 02 (FR)